Initiatives D’EXcellence : un jeu de dupe qui ne fait que des perdants

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Le feuilleton des Initiatives d’Excellence (IdeX) s’est achevé comme il avait commencé : dans l’opacité des décisions et avec la volonté de ne sélectionner qu’un nombre limité de projets, donc d’écarter l’immense majorité des personnels, des étudiants et des territoires.

Au terme de la 2e sélection, seuls 4 projets de province figurent parmi les lauréats : Bordeaux, Strasbourg, Toulouse et Aix-Marseille. Grenoble échoue donc à la session de rattrapage, et de manière particulièrement cuisante, puisque le jury international n’aurait accordé aucune voix au projet ! Lors du premier tour, le jury avait déjà retoqué le projet grenoblois au motif notamment qu’« il n’est toujours pas apparu de vision commune d’une université unique qui rassemblerait, positionnerait et mettrait à profit les forces principales de la région de Grenoble. » Malheureusement, aucun progrès n’a été fait en la matière, et les représentants de la Ville de Grenoble et de la Métro ont une lourde responsabilité dans ce dossier, en ayant soutenu systématiquement les établissements qui refusaient la dynamique interuniversitaire, en lançant, avec le CEA, le projet Giant sur le polygone scientifique sans aucune concertation avec la communauté grenobloise de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR), et en soutenant quasi-exclusivement les filières nanobiotechnologies.

Le bon résultat du site grenoblois à l’appel d’offres Labex, même s’il confirme que la qualité scientifique du site n’est pas en cause, ne saurait compenser cet échec (les Labex ne sont pas issus de dynamiques interuniversitaires mais de demandes du terrain des équipes de recherche ; de plus, ce sont des financements issus de mises en concurrence et non récurrents, donc contestables).

Mais même pour les pôles retenus, la pilule va se révéler amère. Tout d’abord, les financements promis risquent de se faire attendre longtemps. Le plan campus est à cet égard éclairant, avec une somme de 5 milliards d’€ annoncée urbi et orbi en 2007, pour à peine plus de 300 millions d’€ versés à ce jour.

Surtout, le potentiel de recherche de régions entières se trouve donc gravement affaibli, et même pour les sites retenus les IdeX n’intègrent qu’une fraction du potentiel de recherche des sites sélectionnés. A terme devraient ainsi cohabiter sur les mêmes pôles les quelques rares équipes bénéficiaires de ces financements et un grand nombre d’équipes dont la sous-dotation ira en empirant – l’analyse détaillée des budgets du Grand Emprunt démontre que les fonds promis au titre des IdeX proviendront de diminutions budgétaires pour tous les autres.

Au final, le concours des IdeX ne fait que des perdants, entre les recalés démunis et les gagnants isolés dans leur propre territoire et soumis à un contrôle renforcé du pouvoir politique. Les IdeX s’avèrent n’être qu’un outil de concentration des moyens et de contournement des instances démocratiques de l’ESR, qui compliquent un peu plus un paysage rendu fort confus par les vagues de réformes imposées par la droite depuis le « pacte pour la recherche » de 2006.

Les écologistes demandent l’arrêt de la mise en oeuvre des IdeX et une remise à plat générale des financements liés au Grand emprunt. Une politique écologiste de l’ESR doit participer intelligemment à la décentralisation en permettant à chaque région de disposer d’activités de recherche au meilleur niveau international. Le fonctionnement en réseau territorial, via des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur rénovés et démocratiques, permettra d’éviter l’écueil du saupoudrage.

 

Yann Mongaburu, porte parole
& Laurence Comparat, déléguée à l’enseignement supérieur et la recherche


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